Foutez-moi la paix !

Ce soir, je prends part à la première séance d’un atelier mêlant écriture et psychologie positive (c’est la promesse faite par l’organisatrice). Pendant huit semaines, je vais compléter mes connaissances, rédiger des textes sous contraintes et lire ceux des autres participants. Je pourrai commenter leurs rédactions (selon des règles établies pour que la conversation leur soit utile) et recevrai également leurs retours sur mes propres écrits.

Pour préparer cette première rencontre, il nous a été proposé d’étudier un ouvrage sur l’intérêt de l’écriture pour soi. C’est fait ! L’animatrice nous a aussi demandé d’écrire un texte de moins de 300 mots sur le thème de la paix. Si bon nombre d’entre nous ont évoqué la paix dans le monde, en soi ou pour les autres, quelques publications ont choisi des approches moins convenues. Par exemple, le texte qui m’a le plus interpelé présente une réflexion sur l’expression « qu’on me foute la paix ! » en pointant l’emploi virulent du verbe « foutre » pour réclamer le calme.

Pour ma part, je suis restée assez classique avec la proposition suivante.

La paix. Hormis le concept lié à la liberté d’une nation, d’un peuple ou d’une minorité, si malmené à travers le monde et auquel je ne peux pas grand-chose sinon m’en émouvoir ; la paix, pour moi, se distille au jour le jour.

La paix, « ma paix », c’est savourer mon thé du matin devant les arbres qui bordent la rue d’en face. C’est le silence habité de mes pensées lorsque je travaille seule à la maison. C’est la connexion avec mon corps sur le tapis de yoga. C’est le craquement de l’allumette avant d’enflammer une bougie. C’est la plongée dans le dialogue instauré entre conscient et inconscient. C’est le poids des cartes que je mélange. C’est mon stylo courant sur les feuilles de mon carnet.

Ce sont tous ces moments suspendus durant lesquels je crée ma bulle, celle qui m’éloigne de l’agitation du quotidien sans m’en séparer. Pour l’installer, il me suffit parfois de me rendre compte de la beauté de l’instant. Quelquefois, il s’agit d’une intention à partir de laquelle j’élabore une stratégie comme banaliser une heure ou deux sur mon agenda pour aller flâner dans un musée ou un parc. Rarement, c’est une bulle difficile à concevoir tant les activités envahissent mon temps. Rarement, car j’évite de subir mon quotidien. Depuis des décennies, je le façonne selon l’idée que je me fais d’une vie heureuse.

Alors la paix, « ma paix », je la perçois, je l’entends, je l’inspire pour mieux m’en régaler et ne jamais m’en rassasier. Et surtout, tout comme une bulle qui peut éclater à tout moment, je sais qu’elle ne m’est pas acquise.

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