Montrez-moi une forêt jardinée et mon esprit s’emballe !

Vincent Verzat est un activiste et vidéaste spécialisé dans l’écologie. Sa dernière vidéo (visible à la fin de cet article) évoque la gestion particulière d’une forêt suisse. En la regardant, certaines phrases ont titillé mon imagination pour créer des associations d’idées.

« L’observation prévaut à l’action »

Cette expression est utilisée à deux reprises dans la vidéo. La première fois lorsqu’il sélectionne les essences à abattre en fonction de ce qui vit autour (faire le moins de dégâts possible, respecter la diversité, etc.). La deuxième, au moment où la coupe d’un arbre permet la croissance d’un autre. OK, ça c’est pour la forêt. Voici comment l’information a été transposée par mon cerveau au secteur du développement personnel.

Un constat s’impose aujourd’hui sur les réseaux. Les vendeurs de rêves proposent des changements radicaux, sans effort et immédiats. Perdre 10 kg en deux semaines. Passer de vingt ans de tabagisme à zéro cigarette en deux heures. Obtenir un chiffre d’affaires à 100 000 € en quelques mois grâce à une flopée de publications Insta. Pour atteindre ces résultats, il faut :

  • Dépenser son argent (vite, car « la promotion se termine ce soir à minuit ») ;
  • Réaliser toutes les activités proposées dans le programme ou la « formation » sans les adapter à sa propre situation ;
  • Et surtout, surtout, boire les paroles du coach (souvent autoproclamé) en acquiesçant à chaque post sur son profil ou dans le groupe fermé créé pour l’occasion.

Alors je vais être claire : pour moi, c’est un pansement sur une jambe de bois tout comme ces hectares de forêts « à la française ». Ils sont cultivés pour être ensuite rasés le plus rapidement possible, sans tenir compte de la gestion des ressources à long terme.

Un travail efficace en accompagnement commence par une phase d’observation. Celle-ci permet de déterminer ce qui reste, ce qui est à renforcer, ce qui est à créer et ce qui est à élaguer. C’est exactement ce que propose de faire le garde forestier suisse au sujet de l’abattage ciblé des arbres. Il ne bouleverse pas tout le paysage en une opération unique à l’aide d’énormes machines qui laisseront une terre nue et inexploitable pour de nombreuses années. Il réalise de petits changements s’inscrivant dans un ensemble, la forêt, pour être acceptés par cette dernière et bénéfiques à tous les niveaux (économiques, écologiques, etc.). En résumé, observer avant d’agir pour initier un changement durable.

 « … mélangée, irrégulière, donc adaptée au changement ».

D’après les professionnels du bocage suisse, celui-ci résiste mieux aux aléas, car la forêt n’est pas organisée en monoculture. Cela m’a fait penser à l’expression « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Cette sagesse populaire est une vérité toute simple, que ce soit pour la gestion des forêts ou pour n’importe quel pan de notre vie.

Pour illustrer cette idée, je vous propose une petite histoire. Celle des péripéties de Mylmo en 2020. Cette année-là, vous le savez, le confinement a été une réalité imposée, un changement non volontaire pour plus de la moitié des habitants du globe. À cette époque, j’avais un bureau pour développer le volet accompagnement de mon activité. Or, du jour au lendemain, je n’ai plus été autorisée à accueillir du public alors que le loyer, lui, était dû mensuellement. Plus qu’un désagrément, c’était une véritable catastrophe sur le plan financier. Si mon entreprise avait été structurée autour d’une seule prestation comme la monoculture d’une forêt, Mylmo n’existerait plus. La diversité des activités permet donc de pallier l’instabilité de l’environnement.

« On a besoin de temps et de souplesse »

Comme c’est le cas pour beaucoup, je travaille dans un secteur où le temps est court et les attentes voire les exigences, sont élevées.

En deux jours de formation (14 heures), les stagiaires veulent maîtriser toute la grammaire française sans parler de l’orthographe ou de la conjugaison. En une à deux séances d’hypnocoaching, le stress enraciné depuis des années est censé disparaître pour laisser place au calme intérieur et à une forme de sérénité à toute épreuve. Désolée, mais je n’ai pas encore trouvé la baguette magique me permettant de répondre à de telles demandes.

Tout comme un chêne de la forêt suisse, évoluer, grandir, se transformer est un processus qui prend du temps. Une durée nécessaire à la création d’une forêt saine, belle et productive. Maîtriser la langue française ou gérer son stress par exemple, c’est apprendre à franchir des étapes, se tromper, revenir en arrière pour « faire autrement », prendre conscience de ses avancées et constater finalement le résultat obtenu. Envisager le temps comme un allié et non une contrainte peut s’avérer très utile lors d’un travail sur soi.

Une petite précision pour finir

Je ne connais pas l’association Canopée dont il est question dans la vidéo. Je ne me prononcerai donc pas sur son fonctionnement et son implication vis-à-vis du plan de relance.

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