Un outil, une intention

Une flaque écarlate se répand sur le sol poussiéreux. Les cris ont cessé. Une odeur étrange envahit l’air.

Ses muscles sont douloureux et son bras droit tremble avec frénésie. Il regarde fixement la tache de sang s’agrandir. Le cerveau engourdi, un sifflement vicieux tourne entre ses oreilles. Aucune pensée ne vient réanimer sa conscience. Le temps est suspendu et c’est un vieux réflexe qui le sort de sa torpeur. Écouter, juste écouter.

Aucun bruit dehors. Il est tard, personne n’a rien entendu.

Le sifflement s’éloigne et les sons habituels retrouvent peu à peu le chemin de ses tympans. C’est sa respiration, trop forte, trop haletante qui attire son attention et parvient à l’extraire de cette torpeur agressive.

Que s’est-il passé ?

Ses yeux lâchent l’hémoglobine éparpillée dans l’atelier et remontent le long de son corps. Il n’a rien. Mais d’où vient tout ce sang ?

La conscience est de retour, le raisonnement pas tout à fait. Les sens se mettent en éveil. Il regarde autour de lui et la voit, là, à demi cachée sous l’établi, le crâne défoncé. Ses doigts cèdent et le marteau ensanglanté s’écrase le sol.

Mais qu’a-t-il fait ?

Dans notre société, la manipulation est un terme péjoratif. On le retrouve en psychologie ou psychopathologie. Pour le grand public, par exemple, le pervers narcissique est un manipulateur. On rencontre également ce mot dans le secteur commercial où certains vendeurs en sont parfois affublés, notamment quand ils vendent quelque chose ne répondant pas aux attentes ou besoins de leurs clients.

Pour autant, ce nom « manipulation » peut avoir une conception tout à fait positive. Ne se rend-on pas chez le kiné pour être manipulé et ainsi ressentir moins de douleur ?  N’attendons-nous pas d’un professeur de mathématiques qu’il manipule aisément les chiffres ou un artisan, ses outils ?

Dans le milieu du développement personnel, la manipulation peut être utilisée selon ces deux conceptions. Tout dépend de l’intention du praticien et du degré de conscience du sujet concerné. Si le professionnel utilise des techniques de manipulation pour atteindre son propre objectif et le faire sans en avertir la personne qu’il accompagne : c’est négatif. Si en revanche, la manipulation est présentée au client et sert l’atteinte de l’objectif qu’il a correctement défini : c’est positif.

Lorsque je travaille avec l’hypnose, je manipule. La personne qui est en état modifié de conscience a donné son accord pour faire cette expérience. Ma pratique professionnelle ne verse donc pas dans la manipulation négative, car elle est proposée et non imposée. Elle n’est utilisée que lorsque cela est intéressant pour l’atteinte de l’objectif de la personne qui est venue travailler avec moi. Ce n’est donc qu’un outil comme le marteau d’un artisan. Ce dernier peut l’utiliser pour planter un clou ou défoncer le crâne de sa cliente. Ce qui change, c’est l’intention et le but à atteindre !

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