Dater le changement

Christelle se dit dépressive depuis des années, mais en quelques questions, la coach se rend compte qu’aucun diagnostic médical n’a été posé à ce sujet. C’est marrant comme certaines personnes s’attribuent telle ou telle pathologie, parce qu’elles se sont reconnues dans la description d’un article trouvé sur Internet ou parce que c’est ce que leur entourage leur renvoie. Une croyance s’installe, renforcée par le biais de confirmation du cerveau. Il y a même une personnification de la maladie qui est opérée. « Je suis dépressive » et non « j’ai une dépression » ; alors que l’on dit rarement « je suis un rhume » !

Quelques réponses plus tard, la coach comprend que ce que Christelle appelle une dépression est en fait un sentiment de tristesse lié à la perte de son emploi. Licenciée pour raison économique, la jeune trentenaire passe ses journées à regretter son ancien poste et ne trouve pas l’énergie d’en chercher un autre.

Les questions de la coach deviennent de plus en plus précises et Christelle en prend conscience. Elle qui avait pris rendez-vous pour savoir comment se motiver, commence à exprimer ses émotions. En résumé, elle se sent incapable d’assumer la situation, se trouve complètement nulle et déclare avoir peur de ne plus jamais y arriver.

Son bureau, ses collègues, le quartier où elle travaillait lui manquent terriblement. Elle a l’impression d’avoir perdu une partie de sa vie en quittant cet emploi et elle décrète que ce constat est totalement stupide. Ce n’est qu’un boulot après tout ! À peine ces mots prononcés, Christelle se met à pleurer.

La coach patiente le temps que les sanglots se calment puis prend son agenda et demande : « jusqu’à quelle date acceptez-vous de pleurer votre ancien travail ? » Christelle est surprise par cette interrogation. L’accompagnement commence !

Le processus de changement selon Hudson est une question d’énergie. Lorsque celle-ci est basse, il convient de trouver un moyen de relancer la machine. Elisabeth Kübler Ross fait quant à elle une large place aux émotions. Son modèle décrit les différentes phases par lesquelles nous passons après l’annonce d’une perte.

Dans le cas de Christelle, il s’agit de faire le deuil de sa précédente vie professionnelle. Bloquée au stade de la tristesse, son énergie est centrée sur la gestion de cette émotion. Proposer au cerveau de Christelle de vivre pleinement cet état jusqu’à une date choisie va avoir deux intérêts. Le premier est qu’il sera plus difficile de faire des allers-retours avec l’émotion précédente, la peur, qui représente un excellent terreau à la procrastination. Le deuxième est de commencer à mettre le cerveau en mouvement. En effet, permettre à la tristesse de s’exprimer durant une période donnée, avec des outils adaptés, est un moyen d’accueillir cette émotion et de la traverser plutôt que de la réprimer. Le fait d’avoir consciemment une date butoir, c’est un peu comme envoyer le message suivant à son inconscient : « OK, on vit le truc à fond pendant une semaine et après on passe à autre chose ».

Évidemment, ce n’est pas parce que l’on pose simplement un rendez-vous avec soi-même sur un agenda que tout est réglé. Cette astuce n’est pas une baguette magique, mais un premier pas vers une transition volontaire et non subie… tout l’enjeu de l’accompagnement de Christelle !

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