Question de persévérance

Les yeux rougis de Mélissa commencent à se fermer. Son corps est fatigué, mais elle ne veut pas arrêter. Il faut qu’elle parvienne à passer cet enchaînement si elle veut avoir une chance, demain, de franchir une nouvelle étape de sélection. Cela fait des mois qu’elle s’y prépare avec son professeur. Elle a passé tout son temps libre à répéter ses pas, corriger ses postures, régler chaque geste sur la musique et peaufiner l’assouplissement de son corps. Ses parents lui répètent qu’elle est prête, mais le doute et ses huit ans l’empêchent de s’en rendre compte. Alors au lieu de dormir en cette heure avancée de la soirée, elle s’est organisé le plus grand espace possible dans sa chambre et elle répète inlassablement les mêmes mouvements de danse, en silence, pour ne pas faire de bruit.

C’est alors que la porte s’ouvre. Son père passe la tête et soupire. De sa belle voix grave, il lui signale que l’heure du coucher est largement dépassée. Voyant sa fille hésiter, il lui propose de parler un peu. C’est souvent comme ça avec lui. Pas un mot plus haut que l’autre, mais beaucoup de paroles. Parfois, la communication passe, parfois non.

Le petit homme un peu rondouillet s’installe sur le lit et au lieu de lui faire la morale ou de lui expliquer encore une fois l’importance de respecter son sommeil, il lui pose une question : sais-tu ce qu’est la persévérance ? Mélissa lui répond qu’elle n’en est pas certaine.

Son père s’accorde alors un temps de silence, comme pour bien choisir les mots qu’il va employer, puis il déclare que la persévérance, c’est le fait de continuer de penser ou de faire quelque chose. Il précise à sa fille que ce n’est pas la même chose que l’acharnement. Comme elle fronce les sourcils en guise de réponse. Il choisit de lui donner un exemple. La persévérance, c’est lorsqu’elle va à son cours de danse tous les mercredis pour refaire les mêmes exercices. L’acharnement, c’est quand elle répète ces mêmes exercices à un moment où son corps a besoin de sommeil.

Mélissa sait que son père a raison. Ils discutent encore quelques minutes et elle accepte d’aller au lit. À peine couchée sous les draps, la petite danseuse s’endort.  

Se lancer des défis fait partie du travail au long court en développement personnel. Le but est de sortir de sa zone de confort dans un domaine de vie pour mieux prendre conscience de ses croyances limitantes et définir une nouvelle façon de fonctionner dans ce secteur.

C’est aussi un moyen d’être en perpétuelle évolution, volontaire et non subie ou naturelle, pour travailler confiance et estime de soi. Mais tout n’est pas agréable lorsque l’on choisit cette façon d’explorer les divers pans de son existence.

Il convient de se fixer le bon objectif – j’en parlerai dans un prochain article – et de connaître ses leviers de motivation pour d’une part aller jusqu’au bout du challenge et d’autre part tirer profit de l’expérience. Or l’un de ses leviers est la persévérance.

Dans l’histoire du jour, le père de Mélissa pointe la différence entre un trait de caractère qui va servir l’objectif (réussir son concours de danse) et l’acharnement qui peut s’avérer contre-productif dans bien des situations (notamment pour la santé de la petite). Car persister est un verbe que l’on emploie depuis le XIVe siècle pour évoquer le fait de demeurer ferme dans ses pensées et par extension dans ses actes. Il intègre une notion de durée utile, celle menant pas à pas au but fixé.

Comment ne pas confondre les deux ? Outre le fait de savoir se fixer un objectif (j’y reviendrai, promis !) pour prévenir l’acharnement, il est intéressant de savoir reconnaître ses besoins et de borner son action. Dans le cas de Mélissa par exemple, c’est accepter la nécessité de dormir et se fixer une heure de fin pour la répétition.

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