Pour vivre heureux…

Cela fait des années que François travaille dur pour parvenir à vivre de son métier. Il ne compte ni son énergie ni ses heures. Son emploi, c’est devenu sa routine et elle lui convient tout à fait. L’appréhension du manque l’amène souvent à prendre de nouveaux dossiers et à accepter toute besogne supplémentaire à partir du moment où cela peut lui rapporter un peu d’argent ou faire grandir son réseau de recommandations.

Et puis un jour, François ignore pour quelle raison, il ne parvient plus à juguler la montagne de boulot qui se dresse devant lui. Cet homme qui d’habitude sait parfaitement gérer son temps se retrouve en difficulté pour délivrer de simples travaux.

Il met tout d’abord cela sur le compte de la fatigue et commence par revoir son alimentation, s’assure d’une bonne hydratation.  Il poursuit en veillant à respecter son quota de sommeil et à s’accorder des instants de relâche. Pour autant, les semaines se suivent et se ressemblent. François a l’impression de se noyer, de ne plus y arriver, de ne plus contrôler son quotidien.

Par-dessus cet insistant sentiment, s’ajoutent les retours de son entourage. Sa compagne lui reproche son manque d’attention, ses amis d’être sans cesse distrait durant leur partie de jeu en ligne. Quant à ses clients, certains lui font remarquer les petites coquilles qu’il commet. Et là, c’en est trop ! Pour François, ne pas satisfaire ceux qui le payent et lui font confiance – par manque de concentration, par fatigue ou toute autre raison engendrant des erreurs – est inadmissible dans sa réalité.

Il se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond dans la manière dont il gère sa charge de travail. En fait-il trop ? Ses processus de production sont-ils à inadaptés ? Il l’ignore encore, mais il est certain d’une chose. Cela doit changer. Alors, le lendemain de cette prise de conscience, il ouvre son agenda et se réserve deux demi-journées. La première, il la consacre à faire le point sur tous les dossiers qui se sont accumulés depuis des semaines. Il détermine ce qui importe vraiment avec les outils que sa coach lui a communiqués lors d’un précédent accompagnement sur la charge mentale. Il planifie les tâches sélectionnées comme prioritaires pour sa deuxième séance banalisée.

Le fait d’avoir repris les choses en main lui permet de se sentir déjà mieux et la perspective d’avancer dans la résolution de son problème le motive. C’est donc plein d’enthousiasme qu’il entame sa deuxième matinée de rattrapage comme il l’a lui-même nommée.

Mais dès son arrivée au bureau, le téléphone sonne. Ce n’est pas moins d’une heure de conversation qui l’éloigne de la réalisation concrète de la première ligne de sa liste. Alors, une fois l’appel terminé, il prend une dernière vraie décision avant de se mettre au travail : il se déconnecte. Plus de téléphone, plus de courriel, plus de réseaux sociaux. Il va même jusqu’à se dissimuler en baissant le volet roulant de sa fenêtre pour ne pas être visible de la rue. Si l’un de ses amis, clients ou confrères passe par là, il pensera qu’il est en rendez-vous à l’extérieur et ne sonnera pas.

Ainsi, en se soustrayant au monde, François retrouve le temps de se consacrer à ce qu’il a prévu, à ce qui lui est important, à ce qu’il a décidé de faire. Comme quoi, parfois, l’invisibilité réelle ou virtuelle a du bon.

Pour vivre heureux, vivons cachés ! Qui n’a pas déjà entendu cette maxime ? Si l’on y réfléchit deux minutes, il est aisé d’en avoir une représentation négative qui tourne autour de l’égoïsme et de l’absence de partage. Pour une majorité de personnes, s’écarter de la sphère publique n’est donc pas sain et peut même être synonyme d’asocialité ou de dépression. Par cette petite histoire, j’ai voulu vous en proposer une autre conception. Celle qui consiste à se cacher du monde pour mieux se retrouver.

En PNL et Hypnose, la suggestion d’une nouvelle interprétation est ce que l’on appelle une ouverture de cadre. Dans le cas de François, cette parenthèse – puisqu’il s’agit d’un retrait éphémère – lui aura permis de stopper les interruptions incessantes liées aux sollicitations de ses clients et de ses proches. C’est une illustration de la loi de Carlson, l’une des nombreuses appliquées à la gestion du temps.

Mais ça, c’est une autre histoire !

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