Faut-il accepter ou refuser le système ?

N’y a-t-il que deux options possibles ? La première consistant à accepter le système et l’autre à le refuser ?

Ce questionnement s’est imposé à moi après une énième réunion en visio avec un organisme qui est encore mon client et pour lequel je travaille en sous-traitance. Pour mémoire ou info, une partie de mon activité professionnelle est dédiée à l’animation de formations.

Le confinement a fait comprendre aux responsables qu’ils pouvaient procéder différemment et vendre des prestations aux financeurs de formation en incluant une approche à distance. C’est ce que l’on appelle un dispositif hybride avec une partie de la formation en face à face pédagogique et une autre en distanciel.

Sur le principe, cela parait intéressant d’autant plus dans l’hypothèse d’une deuxième vague de COVID ou d’une nouvelle pandémie dans les mois à venir.

Il y a effectivement de nouveaux modèles à inventer et, pour ce client, des parts de marché à conquérir. Il cherche à s’adapter et à trouver des modes de fonctionnement différents… comme nous tous ! En cela, je ne peux le blâmer.

Mais en écoutant attentivement la N+1 de mon interlocutrice habituelle, j’ai perçu que son propos laissait poindre l’idée d’en demander finalement plus aux petites mains que nous sommes, nous formateurs sous-traitants, sans changer notre rémunération (voire en la réduisant – tant qu’à faire !) et surtout en nous mettant dans une posture bien délicate.

Une situation inconfortable, car les sous-traitants sont amenés à réserver leur temps pour la période de septembre à juillet prochain, sans avoir la certitude d’être retenus. Je me dois ainsi de bloquer des demi-journées, voire des journées complètes, pour le compte de ce client. Si j’accepte, je suis alors dans l’incapacité de les proposer à d’autres prestataires de formation tout en sachant que ces plages seront peut-être (certainement ?) annulées à la dernière minute au profit d’un parcours à distance. Le risque pour un travailleur indépendant comme moi n’est donc pas négligeable.

Une position désagréable, car cet organisme, sous couvert d’harmonisation des pratiques afin de mieux vendre ses prestations auprès de ses propres clients, annonce la nécessité de mettre à sa disposition l’ensemble des ressources des sous-traitants. En clair, cela revient à lui céder tous mes droits quant aux outils, techniques, méthodes construites depuis des années. Exit le droit d’auteur ou le respect du droit intellectuel ! Bonjour la possibilité de d’utiliser mes supports sans faire appel à mes services.

Je me retrouve donc face aux deux options évoquées plus haut :

Option n° 1 : j’accepte le système et je fais face à une incertitude quant à la poursuite de la « collaboration » avec ce client.

Option n° 2 : je refuse ce système et je fais une croix sur un volume non négligeable de mon chiffre d’affaires. Eh oui, ce client se permet une telle posture, car ses sous-traitants ne sont guère en forme en ce moment et les marges de manœuvre sont faibles, voire inexistantes.

Or, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais très souvent, nous nous en tenons à une simple dualité au niveau de nos choix. C’est tout blanc ou tout noir. D’ailleurs, on devrait plutôt parler de dilemme que de choix, vous ne trouvez pas ?

En conséquence, nous dépensons beaucoup d’énergie à prendre une décision que nous savons inappropriée dès le départ. Pourtant d’autres possibilités peuvent être imaginées afin d’en sélectionner une nouvelle qui nous satisfera réellement.

Certains outils sont particulièrement adaptés pour y parvenir :

  • L’analyse du problème avec les niveaux logiques de Dilts
  • La négociation entre parties (en PNL ou Hypnose)
  • Le protocole de Léonard de Vinci associé à celui de Walt Disney
  • La convocation de sa partie créative
  • Le diagnostic de sa zone d’influence
  • Etc.

Ces techniques et protocoles permettent d’élargir le cadre de réflexion pour rajouter des options au dilemme initial. Ainsi, il n’est plus question de simplement adhérer ou non au système, mais bien de le contourner, de le modeler, de jouer avec ses composantes… Bref, de reprendre la situation en main.

Personnellement, c’est ce que je compte faire avec la problématique soulevée par ce client. Je vais la passer à la moulinette de tous mes outils et j’étudierai ce qu’il en ressort pour prendre ma propre décision et non celle qu’il envisage de m’imposer !