Le verre à moitié

Voir le verre à moitié plein, en voici un adage fort intéressant ! Mais il est souvent plus facile à conseiller qu’à appliquer. En effet, nous vivons dans une société où le manque tient une place de choix. Peu importe le sujet, notre cerveau est programmé pour se focaliser sur le vide, sur ce que l’on devrait posséder et qui nous échappe ou, pire, qui est accordé à d’autres.

Prenons la météo. Il suffit d’un jour de pluie, bien pourri, bien maussade pour effacer ceux durant lesquels le soleil a brillé. Et s’il s’agit d’un samedi grisâtre, le week-end est déjà fichu. Autre exemple, durant le confinement, nous avons été sensibles à la pénurie de farine alors que de nombreux produits de substitution étaient en rayons. Mais ceux-là ne suffisaient pas ou ne servaient qu’à nous faire regretter la bonne vieille farine bio !

Ainsi, notre esprit passe son temps à remarquer le verre à moitié vide plutôt que de se concentrer sur son réel contenu.

Mais vous savez quoi ? Bonne nouvelle ! Il est tout à fait possible d’éduquer notre cerveau afin qu’il repère plus facilement le contenu de nos verres, la météo agréable, les opportunités pour remplacer la farine, bref, ce qui nous échappe. Différentes techniques peuvent être employées pour cela. Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler de l’historiette.

Une historiette, c’est un court récit de faits de peu d’importance. C’est un peu comme une anecdote embellie. Car oui, nous vivons tous les jours de petites aventures sans même nous en rendre compte. Et savoir les repérer, c’est se créer un joyeux quotidien. C’est entraîner nos neurones à se liguer pour repousser le négatif et laisser davantage de place au positif. C’est aussi jouer à nous surprendre et à poétiser les petits riens pour augmenter le contenu de nos verres ou tout simplement le siroter et mieux en apprécier toutes les saveurs.

« La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules » de Philippe Delerm est une illustration de la version la plus aboutie de l’historiette. Et même si nous n’avons pas forcément le talent de cet écrivain, nous pouvons tous trouver l’extraordinaire au sein de son ordinaire. Comment ? En ayant l’intention d’affuter nos sens et d’observer notre vie pour en faire émerger nos propres pépites. C’est un peu comme retrouver le chemin de l’émerveillement dont nous avons tous été capables dans nos premières années de vie.

Sachez aussi que les historiettes évoluent au fil du temps. On ne remarque pas la même chose aux différents âges de notre vie. Lorsque j’étais adolescente, les miennes étaient envahies de ma relation aux autres. Les aventures venaient d’une rencontre imprévue avec une copine ou d’un regard croisé avec un garçon craquant dans les couloirs du lycée. D’un rien, je créais une histoire, j’enjolivais la réalité, je me faisais rêver. Adulte, elles se sont centrées sur mes expériences avec le retour d’une lecture ou la prise de conscience de la beauté de la première cerise de la saison. Lorsque je suis devenue mère, elles ont mué en introspection pour garder une trace des nouvelles émotions qui arrivaient.

Aujourd’hui, elles servent à m’amuser à rendre pétillants de brefs moments sans intérêt. Grâce à l’imagination et aux mots, je peux faire de ces instants quelconques de petites bulles de fantaisie. Ainsi, mon esprit joue et trouve à sourire de petites choses. Il me pousse à ressentir de l’entrain pour l’ordinaire, à constater que je suis loin d’être blasée, à voir le verre non seulement à moitié plein, mais à en goûter chaque goutte avec enthousiasme et à créer des paquets d’énergie à dépenser pour augmenter le volume de mon récipient. J’ai tout simplement éduqué mon cerveau !

Ça vous dit d’en faire autant ? Oui ?

OK. Je vous invite donc à prendre une feuille et un crayon ou à allumer votre ordinateur. Racontez l’histoire d’un détail de votre quotidien avec légèreté, sans prétention littéraire, comme si vous le feriez à destination d’un enfant pour faire vriller son regard du côté de l’espièglerie.

Je vous l’assure, il suffit de quelques historiettes pour commencer à remarquer le changement d’orientation du cerveau. Petit à petit, celui-ci va s’attacher aux petits plaisirs de la vie. De quoi devenir « historiett’addict » !

Votre curiosité vous chuchote son envie de découvrir mes historiettes ? Il y en a quelques-unes sur le blog. Vous pouvez aussi visiter mon compte Instagram. J’y publie depuis le début du mois des historiettes en stories. L’expérience me plaît et je compte donc la poursuivre encore quelques semaines.

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