Demain, c’est l’après

La décision est tombée, le déconfinement officiel commence lundi 11 mai 2020. Bonne ou mauvaise nouvelle, c’est difficile à dire. D’un côté, la reprise d’une vie sans entraves paraît un Graal accessible ; d’un autre, l’appréhension d’un retour à la vie dite « normale », accompagnée d’un possible regain de la pandémie, s’immisce dans les pensées.

Alors à quoi va ressembler l’après ? Au retour d’une économie de marché toujours plus avide d’argent, de possession, de richesses ? À la réapparition de toutes les pollutions, sonores, atmosphériques et autres ? À la relance d’un rythme ne laissant guère de place à la simplicité de l’essentiel ?

Même si la volonté de résister est bien vissée au corps et à l’esprit aujourd’hui, la réalité d’une existence poussée par le stress et la folie de notre société ne va-t-elle pas reprendre ses droits ?

Certainement oui, car les obligations familiales ou celles liées aux responsabilités professionnelles sont bien réelles. Les grands de ce monde sont toujours aussi assoiffés de pouvoir et de dividendes.

Mais, j’ai envie de répondre non. Parce qu’il faut bien l’avouer, cet « après » s’annonce semé de bonnes intentions :

Garder du temps pour soi ;
Ralentir le rythme ;
Revoir ses priorités ;
Adopter de nouveaux gestes plus respectueux de la planète, des autres, de soi-même ;
Mettre du sens et de la conscience dans le quotidien.

Ces graines de désirs ont germé durant huit semaines. Il reste maintenant à les choyer pour éviter de transformer ces ambitions en résolutions non tenues, comme celles du Nouvel An.

Et plusieurs options peuvent être explorées pour aller dans ce sens. Ralentir la reprise des activités est une piste. Maintenir des bulles de nouvelles attitudes en est une autre.

Les chercheurs estiment à vingt et un jours le délai nécessaire pour instaurer une nouvelle habitude. Cette durée est largement dépassée avec le confinement donc notre cerveau a commencé à agir et réagir de manière différente. Mais attention, comme c’est un vilain garçon qui aspire au confort de ce qu’il connait, même si ce dernier est néfaste, il va falloir redoubler de vigilance pour ne pas retomber dans les anciens travers. Maintenir le cap, agir quotidiennement pour continuer à renforcer les synapses qui viennent d’être créés. C’est tout l’enjeu de cet « après ».

Alors, on y va !