Ralenti

Cette semaine, le ralentissement a été une réalité chevillée au corps et à l’esprit. Un peu comme dans un nuage de ouate, les activités se sont succédé à deux à l’heure et les envies ont appuyé sur le bouton pause. Il n’y a pas eu de tristesse ou de début d’état dépressif. Non. Juste une douce et chaleureuse envie de ne rien faire bien que les potentiels projets sont nombreux et que le plan d’action est blindé. Il y a juste eu un peu de… suspension… durant quelques jours.

C’est comme si les freins avaient été gentiment pressés, pas au point de crisser, juste suffisamment pour repousser l’accélération ambiante. Car, c’est un fait, la vie commence à reprendre sa course. Les voitures sont de plus en plus nombreuses à racler le bitume. Les passants, aperçus occasionnellement, reprennent leurs pas saccadés le long des trottoirs. L’horizon du déconfinement, même progressif, pointe le bout de son nez.

Les pensées modérant leur danse, l’envie d’aller à contre-courant s’est faite de plus en plus forte. Pour ne plus suivre le troupeau, pour ne pas cautionner le « toujours plus ». Toujours plus de travail, toujours plus d’argent, toujours plus d’impôts, toujours plus de rentabilité, d’efficacité, d’optimisation.

Cette semaine, le mot clef, c’est ralenti, synonyme de rendre plus lente la transition d’avril à mai. C’est retenir encore un peu les quelques semaines de tranquillité où le champ des possibles a pu être revisité. C’est réfréner les pressions, les deadlines, les urgences urgentissimes. C’est diminuer le brouhaha, le bazar, le capharnaüm tant virtuel que réel. C’est peut-être aussi, ces derniers jours, engourdir l’énergie tonitruante, certes joyeuse, mais parfois épuisante, qui anime habituellement le quotidien.