Dans tous ces états

Je voulais vous parler des états modifiés de conscience, parce que durant toute cette semaine, j’ai participé à la proposition matinale de Kevin Finel, le fondateur de l’un des plus importants centres de formation en hypnose. Elle consistait à être guidé par cet hypnologue comme il aime se qualifier, tous les jours à 8 heures autour d’un exercice thématique d’autohypnose. Je me suis donc accordée un temps pour moi avec cet outil génial qu’est l’hypnose.

Je voulais vous partager mon ressenti par rapport à ces moments, mais très vite, j’ai effacé les mots que je comptais partager. Ils me paraissaient vides, inappropriés et surtout bien loin de ce que je vis réellement grâce à l’hypnose. J’ai donc choisi de m’arrêter là. L’expérience hypnotique est quelque chose qui se vit, pas qui s’explique.

Pour autant, je n’avais aucune envie d’écrire cette semaine sur un autre sujet. Mon imagination boudait et mes pensées tourbillonnaient autour des états modifiés de conscience. Alors je me suis installée devant mon tableau blanc et j’ai commencé ma recherche en écrivant le mot « états ». En quelques minutes et en faisant joyeusement filer les couleurs de mes stylos, ma carte mentale s’est dessinée. Je le tenais mon article, celui que vous êtes en train de lire. En fait, je vais bien évoquer différents états de conscience. Et puisque mon brouillon s’est construit avec des mots, je vous les livre tels quels.

Sommeil

C’est fou comme depuis une quinzaine de jours, je n’ai plus de difficulté à m’endormir. Moi qui ai des problèmes de sommeil depuis l’enfance, je me couche sans souci et je m’endors presque comme un bébé. Peut-être que je rajeunis qui sait ? Ou plutôt que je trouve plus facilement les bras de Morphée, car j’ai repris la lecture fictive avant de m’endormir ? Ou bien encore parce que je me couche plus tôt ?

Et puis je ne me souviens plus systématiquement de mes rêves. J’ai découvert ce que c’était que de se lever le matin en ayant tout oublié de sa nuit. C’est étrange comme sensation parce que c’est nouveau et je me demande bien combien de temps cela va-t-il durer ?

J’aimerais aussi vraiment continuer, même après le confinement, la manière dont je me réveille. Depuis le 16 mars, je ne suis plus bousculée hors du lit par je ne sais quelle urgence. Je retrouve le plaisir de rester sous les draps quelques minutes, de m’étirer, de revenir à la réalité tranquillement. Je peux poser mon énergie sur une intention ou simplement visualiser ma journée afin de l’orienter dans la direction qui me va le mieux.

J’expérimente ainsi deux états jusqu’alors ignorés : celui par lequel on passe juste avant de s’endormir, sans qu’il s’agisse d’épuisement et celui de l’énergie matinale, activée délibérément.

Pleine conscience

Je suis certaine que vous l’avez remarqué, mais je me demande si vous y prêtez réellement attention : le silence a pris possession de nos quartiers. J’habite une très grande ville, à quelques kilomètres du périphérique et à deux rues de l’artère principale de l’agglomération. Et c’est depuis peu que je prends la mesure de la nuisance sonore du trafic. Le matin ou le soir, quand tout le monde est enfin bien confiné entre quatre murs, mes oreilles sont au repos ou plutôt perçoivent davantage le chant des oiseaux ou le bruit du vent dans les nouvelles feuilles printanières. Profiter de ces sons, naturels, est un véritable plaisir et si j’ai l’habitude de le faire dans le cadre d’exercices de pleine conscience, ils viennent s’imposer à moi, tout simplement.

Puisque j’en suis à vous raconter ma vie, il faut que je vous explique que je travaille seule, dans un bureau isolé de mon lieu de vie (j’y reviendrai tout à l’heure). Pour déjeuner, je m’emporte donc une gamelle, mais je n’ai plus la possibilité de sortir m’acheter une bricole à manger si j’ai faim dans la matinée. Avant le confinement, c’était facile. Une sensation, une envie de sucré ou de salé et hop, il me suffisait de faire quelques mètres à pied et j’entrais dans une boulangerie. Évidemment, maintenant, ce genre de déplacement est proscrit et je refuse de rajouter des bricoles « au cas où » à mon panier-repas. Résultat, je retrouve la douce sensation de fringale, celle qui permet de regarder l’heure pour déterminer le temps nous séparant du repas de midi. Ce petit creux dans le ventre qui m’amène à saliver devant la salade composée que je me suis préparée le matin. Parce que sans micro-ondes, il n’y a bien que les salades au menu depuis le début du confinement ! Je me surprends à redécouvrir le goût de certains aliments. Habituée à avaler mon repas sans réfléchir ou en continuant à travailler, j’avais perdu la notion de pause déjeuner. À présent je goûte avec les yeux, je joue avec mes papilles, j’écoute le croquant d’un aliment pour mieux apprécier mon repas. La prochaine étape ? Profiter de ce confinement pour renouer le contact avec la satiété.

Cette parenthèse nécessaire s’enrichit donc de nouvelles opportunités d’approcher l’état de pleine conscience.

Concentration

Si vous avez suivi mes petites mésaventures depuis le début du confinement, vous savez que j’ai coupé une grande partie de ma communication. Et si j’ai déjà constaté les conséquences positives sur mes ressentis et mes émotions, je peux aujourd’hui affirmer que cette diète informationnelle influence mon niveau de concentration. Oh, je ne suis pas en train de dire que me voici experte en la matière, mais je me mets beaucoup plus facilement dans un état d’attention optimale.

Par ailleurs, début mars, j’ai pris un bureau en location. Je ne pouvais pas savoir qu’il y aurait un confinement et que cet investissement, décidé pour développer mon activité allait s’avérer nul ou plutôt négatif puisque pour l’instant, je paye et je ne reçois personne, donc je n’ai plus de chiffre d’affaires en lien avec cet espace ! Mais bon, ce bureau est tout de même tombé à point puisqu’il me permet de vivre un isolement en deux endroits. Je suis confinée chez moi, avec mes hommes, durant mon temps personnel. Le matin, je me rends au bureau, à deux pas de chez moi donc en ne croisant personne et j’y reste confinée durant toute la journée (d’où la salade composée… vous suivez ?). J’ai ainsi une véritable coupure entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Après dix ans de travail à la maison, en plein milieu du salon, je redécouvre le principe de parcellement. Le boulot reste au bureau et cela me permet d’être bien mieux focalisée sur ma vie personnelle lorsque je rentre. C’est un luxe que je ne m’accordais plus et qui me donne l’impression de bien mieux profiter à la fois des temps de travail et de ceux consacrés à ma vie privée.

L’état de concentration est donc lié au contexte, à l’intention et à l’organisation. Un sujet que je compte bien creuser dans un proche avenir, ne serait-ce qu’en reprenant mes cours de neurosciences à ce sujet… et une fois ceux de psychopathologie terminés !

Finalement, j’ai bien écrit un article sur les états de conscience.