Quel beau révélateur !

En une semaine, il s’en est passé des choses ! Après une phase de décompensation de deux jours, j’ai envoyé valser un certain nombre de mes interlocuteurs et de nouveaux sont venus me chercher des poux. Deux jours qui auraient pu être bien plus longs si je n’avais pas pu m’exprimer au sein d’un cadre bienveillant, celui de mon groupe de CODEV. Comme quoi, des mots, des émotions, c’est fait pour être exprimé ! Donc après ce mardi après-midi si intense et bénéfique, j’ai colmaté les fuites d’énergie inutiles et finalement, cette semaine, je n’ai travaillé que 50 h 16.

En regardant dans le rétroviseur, comme je le fais tous les week-ends, je me rends compte que durant ces deux premières semaines de confinement, j’ai eu mon lot de déconvenues. Aujourd’hui, je le vis très bien au point d’en tirer une leçon : ce confinement, c’est tout de même un sacré beau révélateur !

Révélateur de l’infobésité

Si la première semaine de confinement, je me suis laissée noyée sous les demandes en tout genre, je n’ai pas encore réussi à réguler la totalité du flot d’informations qui me parvient chaque jour. Entre les courriels, les SMS, les messages vocaux, les réseaux sociaux, la radio et la télévision, j’ai été engloutie par des tonnes de réflexions, idées, remarques, impressions et émotions, déversées parfois sans filtre ni retenue.

Alors du 30 mars au 5 avril 2020, je réduis encore davantage mon ouverture sur le monde. Concrètement, au lieu d’ouvrir les vannes de la communication trois fois par jour, je me contenterai de deux entrebâillements, un dans la matinée et un dans l’après-midi. Mon temps de réaction va donc encore s’allonger, n’en déplaise à certains de mes interlocuteurs.

Révélateur de tempos différents

À en croire les médias et les réseaux, il n’y aurait que deux types de Français. D’un côté ceux qui luttent contre le COVID-19 et ses conséquences ; d’un autre, les personnes qui ont le temps de de l’introspection ou qui s’ennuient. Or le rythme de ma réalité est tout autre. Et je sais que bon nombre de travailleurs, non mis en lumière par les bien-pensants, partagent le même genre de quotidien. Des journées où la lenteur de certaines réalisations côtoie l’urgence de s’adapter à une situation ubuesque.

Alors du 30 mars au 5 avril 2020, je règle le rythme de mes activités professionnelles sur MON tempo, pas sur celui des autres. Concrètement, cela signifie que la notion d’urgence à remplir tel ou tel tableau par exemple va me devenir inconsistante. Je redeviens maître de l’écriture de ma partition et je choisis ma vitesse d’exécution.

Révélateur d’un certain égoïsme

Si la frénésie organisationnelle de la première semaine commence à passer pour une majeure partie de la population, celle de la revendication tente de faire sa place. Je n’ai eu de cesse d’entendre ces derniers jours des demandes se transformant en revendications. Tout le monde semble avoir des droits plus importants que ceux des autres. C’est comme si chacun, bien installé autour de la table, voulait une meilleure part du gâteau et le fait savoir avec insistance. Des décisions sont prises par nos petits et grands « responsables » à grand renfort d’effet d’annonce. Or dans un pays où l’exception est une règle, les mesures prises cachent souvent de nombreuses exclusions pour celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases. Je tiens d’ailleurs à préciser ici que tous les indépendants de France ne sont pas « autoentrepreneurs ». Il y a les libéraux, les EIRL, les SASU, les portés, les membres de coopératives et j’en passe. Et même parmi les autoentrepreneurs (dont je ne fais pas partie), au vu des critères annoncés, seule une minorité pourra prétendre au fonds d’aide mis en place. Donc un peu de calme, tout n’est pas réglé et tout reste à faire !

Alors du 30 mars au 5 avril 2020, je pars à la recherche de mon égoïsme, pour arrêter de penser aux autres et pour arrêter d’agir pour et en fonction des autres.

Révélateur de la qualité des contacts

J’avais déjà fait le tri dans mes relations, professionnelles comme personnelles, lors de la sortie de « De causeries en réflexions ». Comme le dit Anne-Lise, ma complice d’écriture, ce confinement va me permettre d’en faire un deuxième pour n’arriver qu’au cercle restreint des gens qui comptent. En effet, force est de constater la manière dont certaines personnes regardent ailleurs quand on se noie voire cherchent à maintenir notre tête sous l’eau… Pourtant, ces mêmes personnes font souvent partie de la cohorte de ceux qui exigent qu’on leur rende un service voire que l’on soit à leur service.

Alors du 30 mars au 5 avril 2020, je vais dénoncer le chantage mis en place par certains de mes interlocuteurs professionnels. Je vais mettre en lumière auprès des personnes concernées et des institutions dont elles font partie, leur maltraitance psychologique et parfois, leur total manque de respect. Et je vais chérir celles et ceux qui, à l’inverse, savent instaurer des relations humaines de qualité. Ce sont eux que je veux garder dans mon réseau, à qui je veux continuer de donner ce qu’il m’est possible de garantir et avec qui je souhaite intensifier le partage.

Alors je l’affirme,
ce douloureux confinement
est aussi un beau révélateur
de ce qu’il m’est utile de voir changer
et que je vais faire évoluer !