Rebondir en pitbull créatif !

Premier constat : le législateur ne veut plus que je sois formatrice

Vous le savez puisque vous me suivez sur les réseaux sociaux, je subis de plein fouet les conséquences de la réforme de la formation continue : zéro mission entre février et juin donc près de 70 % de chiffre d’affaires mensuel, envolés en fumée.

Durant cette période, j’ai pris connaissance de toutes les nouvelles contraintes administratives à mettre en œuvre… pour simplement avoir le droit de travailler dans le secteur de la formation.

Je dis bien avoir le droit de travailler, pas travailler… nuance !

Pour résumer, les frais engendrés par la réforme devraient représenter près de 5 000,00 € annuels pour les prestataires de formation avant même qu’ils aient accueilli un seul stagiaire. Dans ces conditions, pour les formateurs indépendants comme moi, c’est intenable. Seules les structures pourront se permettre d’engager un tel effort financier pour continuer à travailler, et encore, seulement les « gros » centres de formation.

C’est certainement l’intention des législateurs : virer les formateurs indépendants et les petits organismes du secteur de la formation professionnelle continue subventionnée. Et en agissant sur l’aspect financier, ils vont y arriver !

Deuxième constat : la protection sociale des indépendants, c’est de la poudre aux yeux !

Quand on est à son compte, on doit choisir entre trésorerie (argent dont on dispose) et protection sociale (maladie, retraite et cie).

En effet, si je prends en compte le plus petit taux de charges en vigueur – soit 25 % pour les autoentrepreneurs – sur une prestation de 100 €, le montant réellement gagné est intéressant (75 €). Mais si l’on veut pouvoir assumer un arrêt de travail à cause de la grippe par exemple, mieux vaut assurer ses arrières, car le RSI applique un délai de carence de 7 jours. En plus, lorsqu’on est malade, par définition, on ne travaille pas donc on ne génère pas de chiffre d’affaires.

Par ailleurs, les délais de remboursement des frais médicaux sont parfois longs avec le RSI et bon nombre de mutuelles refusent d’appliquer le tiers payant auprès d’adhérents indépendants. Tout traitement de frais médicaux doit donc être surveillé et il faut souvent se battre pour en obtenir le remboursement. À titre d’exemple, je suis encore en train de relancer les organismes concernés pour des frais médicaux datant de novembre 2018 !

Moralité : un indépendant n’est pas malade !

Vous allez me dire : mais comment font les autres ? Eh bien, pour en avoir discuté avec beaucoup, la réponse est simple : ils mettent de l’argent de côté (ce que je fais déjà) et ils prennent des assurances complémentaires faisant exploser le taux de charges initial de 25 %.

On en revient donc au postulat de base : quand on est un petit indépendant, on choisit entre trésorerie et protection…

À moins que l’on ait un conjoint plein aux as qui assure les dépenses familiales, un héritage permettant de considérer son travail comme une simple occupation ou un billet de loto gagnant !

Troisième constat : mon côté pitbull ne m’a pas abandonné

Je me suis donc pris la tête durant plusieurs semaines pour savoir si j’allais continuer à dispenser des formations. 25 années d’expérience dans ce secteur, ça ne se met pas à la poubelle aussi facilement.

Je me suis aussi demandé s’il ne serait pas préférable de retrouver un emploi et j’ai même commencé à regarder les offres.

Mais, je m’éclate en accompagnant mes clients et je sais que mes prestations sont de qualité.

Non, je n’ai pas les chevilles qui enflent.

Je constate simplement le résultat de mon travail
auprès de mes clients. Et objectivement,
je suis loin d’être une quiche dans mon domaine
(ou une courge, une cruche… comme vous voulez) !

En plus, le fait que ce soient des procédures et réglementations qui pourraient m’amener à abandonner 10 ans d’entrepreneuriat, ça me fait monter la moutarde au nez.

Quitte à laisser tomber, autant que ce soit pour de bonnes raisons : je bosse mal, j’en ai marre, j’ai passé l’âge, etc.

Alors, fin mai, j’ai sorti les crocs et cherché à contourner le système, à trouver une brèche pour m’y engouffrer… Bon, soyons clairs, c’est l’éternel combat du pot de terre contre le pot de fer ! Mais il fallait que je m’y colle pour ne rien regretter.

Résultat : un mal pour un bien ?

Cet été, je me suis dit que l’important, dans un premier temps, c’était de pouvoir continuer à travailler. Je n’ai pas divorcé, pas hérité d’un arrière-grand-oncle, ni acheté de ticket de loterie !

J’ai donc trouvé une solution pour restreindre l’énergie passée à tenter de m’adapter aux exigences de la réforme et, par la même occasion, améliorer ma protection sociale…

Évidemment, c’est une solution à court terme puisque des nouveautés législatives sont prévues pour 2020 et cette option va augmenter mes charges ! Mais c’est mieux que de continuer à me faire balloter dans tous les sens par les remous de l’administration française.

J’vous explique.

À compter du 26 août 2019, je serai en portage salarial, passant de 25 % de charges diverses à plus de 50 %. J’ai trouvé une entreprise de portage entrepreneurial qui accepte l’ensemble de mes activités et dont la commission est raisonnable.

Pourquoi un tel choix ?

Je leur passe la patate chaude de la réforme. À eux de se débrouiller pour être dans les clous. L’idée est de me dégager du temps non productif pour agir différemment.

Pour ce qui est de la protection sociale, je retrouve un statut salarié donc la Sécurité Sociale. Tout n’est pas gagné, mais c’est un bon début et je vais pouvoir dire bye bye au RSI.

Donc à travail égal, je vais gagner moins, mais je devrais être plus sereine et je compte bien en profiter pour développer certains projets actuellement coincés au fond de mon esprit.

Alors pour l’année à venir, j’enfile mon costume de pitbull créatif et je saute sur un trampoline pour rebondir le plus loin possible !



Catégories :En développement

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